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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 19:08

À propos de M. Trump

« La colère a gagné, la rage protestataire l’a emporté. Un milliardaire douteux, qui ne paye pas d’impôt depuis vingt ans, ment comme un arracheur de dents, flirte ouvertement avec le racisme, la xénophobie et le sexisme, et qui n’a jamais exercé le moindre mandat électif ou public, a su la capter. Magistralement. »

            Ces mots de l’éditorial du Directeur du Monde du 10 novembre sont exacts. Ces graves dérives n’ont pas empêché M. Trump de gagner. Le pire est peut-être qu’il a gagné non pas malgré elles, mais grâce à elles. Car elles ont provoqué l’indignation, légitime, de tout ce que les U.S.A. et le monde compte de gens un peu éduqués, un peu soucieux de pureté. Et il s’est appuyé sur ces indignations pour s’en prendre aux « élites » qui selon lui ne comprennent rien au désarroi et à la colère des braves gens : cette stratégie a fonctionné..

            Faudrait-il alors faire profil bas devant les expressions du sexisme, de la xénophobie, du racisme sous ses diverses formes, par souci d’éviter de provoquer le pire par intransigeance ? Un instinct me dit que cette capitulation ne servirait à rien, qu’à perdre l’honneur avec le reste.

Loi El Khomri : une question

8 mars 2016

     « La loi sur le travail peut-elle relancer l’économie ? » titrait Le Monde du 5 mars en page 13, pour présenter deux contributions au débat, qui concluaient de manière opposée. Je me sens bien incapable de répondre pour mon compte, mais je voudrais partager une question que je me pose à propos d’une des dispositions du projet.

     Elle instituerait un plafonnement des indemnités allouées par les prud’hommes en cas de licenciement reconnu non conforme à la loi. Ce plafonnement aurait pour but de combattre une incertitude qui, selon l’article favorable au projet, constitue actuellement « une source d’insécurité pour l’entreprise comme pour le salarié (…). Aujourd’hui ni le salarié ni l’employeur ne sont capables (..) de prévoir précisément le coût des fins de CDI, tant le montant des indemnités octroyées par les prud’hommes relève d’une logique difficilement prévisible ». Proposer un barème indicatif pourrait en effet limiter des incertitudes gênantes, j’en conviens, mais aller jusqu’à fixer comme on le propose une limite supérieure (un nombre déterminé de mois de salaire) que la loi interdirait au juge de dépasser, cela pose une question grave.

     En effet, si la sanction d’un licenciement illégal est plafonnée, et si dans telle ou telle circonstance le bénéfice que l’employeur estime pouvoir attendre pour son entreprise d’un licenciement expéditif est supérieur à l’indemnité maximale, il deviendra tentant d’agir délibérément sans tenir compte de ce qui est légal ou pas. Mieux (ou pire) pratiquer l’illégalité sera devenu un acte de bonne gestion, accompli en toute sécurité, et peut-être en toute bonne conscience ! Pour dire les choses autrement, la loi fixerait implicitement un prix maximal pour l’achat d’un droit de violer la loi. Il y a là de quoi dissoudre dans l’esprit des citoyens les notions mêmes de légalité et d’illégalité, avec tous les dangers que fait courir une telle perte des repères. Est-ce vraiment le rôle d’une loi de fragiliser le respect, et l’idée même, de la légalité ?

Loi El Khomri : une question

8 mars 2016

     « La loi sur le travail peut-elle relancer l’économie ? » titrait Le Monde du 5 mars en page 13, pour présenter deux contributions au débat, qui concluaient de manière opposée. Je me sens bien incapable de répondre pour mon compte, mais je voudrais partager une question que je me pose à propos d’une des dispositions du projet.

     Elle instituerait un plafonnement des indemnités allouées par les prud’hommes en cas de licenciement reconnu non conforme à la loi. Ce plafonnement aurait pour but de combattre une incertitude qui, selon l’article favorable au projet, constitue actuellement « une source d’insécurité pour l’entreprise comme pour le salarié (…). Aujourd’hui ni le salarié ni l’employeur ne sont capables (..) de prévoir précisément le coût des fins de CDI, tant le montant des indemnités octroyées par les prud’hommes relève d’une logique difficilement prévisible ». Proposer un barème indicatif pourrait en effet limiter des incertitudes gênantes, j’en conviens, mais aller jusqu’à fixer comme on le propose une limite supérieure (un nombre déterminé de mois de salaire) que la loi interdirait au juge de dépasser, cela pose une question grave.

     En effet, si la sanction d’un licenciement illégal est plafonnée, et si dans telle ou telle circonstance le bénéfice que l’employeur estime pouvoir attendre pour son entreprise d’un licenciement expéditif est supérieur à l’indemnité maximale, il deviendra tentant d’agir délibérément sans tenir compte de ce qui est légal ou pas. Mieux (ou pire) pratiquer l’illégalité sera devenu un acte de bonne gestion, accompli en toute sécurité, et peut-être en toute bonne conscience ! Pour dire les choses autrement, la loi fixerait implicitement un prix maximal pour l’achat d’un droit de violer la loi. Il y a là de quoi dissoudre dans l’esprit des citoyens les notions mêmes de légalité et d’illégalité, avec tous les dangers que fait courir une telle perte des repères. Est-ce vraiment le rôle d’une loi de fragiliser le respect, et l’idée même, de la légalité ?

(pour les commentaires : tout au bas de la page)

Sang pur et sang mêlé

12 janvier 2016

       Vendredi 8 janvier, à la une du Figaro, telle que je l’ai aperçue à l’étalage d’un kiosque à journaux, on lisait ceci en grosses lettres : « Antiterrorisme. Hollande tient bon. La gauche renâcle ». Cette présentation des choses visait à faire penser que ceux qui renâclent à gauche sur la déchéance de nationalité ne veulent pas s’opposer au terrorisme. C’est évidemment un mensonge, car tout le monde s’accorde pour dire que la perspective de perdre la nationalité française n’arrêtera aucun terroriste. Le combat antiterroriste n’y gagnera aucune efficacité supplémentaire.

         En réalité, dans cette affaire, la vraie question en débat est celle-ci : faut-il instituer une différence juridique, parmi les français nés sur notre sol, entre ceux dont les deux parents étaient français lors de leur naissance et ceux dont un parent au moins était alors étranger, entre ceux dont le sang est purement français et les enfants de sang mêlé ou totalement venu d’ailleurs. C’est cela l’unique question, que certains ne veulent pas voir.

       Ils peuvent prétendre ne pas la voir, parce que le texte de révision de la Constitution soumis au vote ne dira pas explicitement cela, il y sera question seulement de double nationalité. Mais qui sont les doubles nationaux nés en France ?.Ce sont des fils ou des filles d’étrangers originaires d’un pays qui confère sa nationalité à tout enfant d’un de ses ressortissants, même né loin de son sol, et qui la plupart du temps (c’est le cas de l’Algérie et du Maroc) ne prévoit aucune possibilité de la récuser.

        On ne proclamera pas qu’il s’agit des « sang mêlé », face aux « sang pur » non concernés, mais de fait ce sera bien cela. Hypocrisie.

        Quand quelqu’un propose, ou approuve, qu’il soit institué en droit entre les citoyens une différence de traitement entre sang purement français et sang mêlé, peut-on faire confiance à la cohérence de son antiracisme ?

        On va m'objecter que cette différence ne sera opérée que parmi des terroristes reconnus, et que j'ai tort de m'intéresser à ce qui arrivera à ce genre de criminels. On refuse ainsi de voir que c'est le premier pas qui importe. Une fois la brèche ouverte, surtout si elle est ouverte dans la Constitution, il sera facile d'étendre à d'autres domaines la distinction entre les français "de souche" et les autres.

       Considération annexe : la propagande de Daëch cherche notamment à persuader les jeunes français d’ascendance maghrébine qu’il est illusoire de chercher à s’intégrer, qu’ils ne seront jamais traités que comme des demi-français, et que leur seule ressource pour exister est de faire allégeance au califat. On est en train de faire un beau cadeau à cette propagande.

Le Mali n’est pas une poubelle

6 janvier 2016

            L’un des « avantages » d’avoir la possibilité de déchoir de la nationalité française un binational né en France et condamné pour terrorisme, ce serait que notre gouvernement pourrait, à sa sortie de prison, se débarrasser de lui et l’expulser vers le pays d’origine de ses parents.

            Mais si nous nous mettions un instant à la place des dirigeants et des citoyens de ce pays ?

             Voici quelqu’un qui est né en France, qui y a grandi et y a été formé à l’école, au collège, au lycée, qui s’y est perverti, et qui y a commis un crime. Et quand en France il n’est plus considéré que comme un rebut, on s’en déchargerait en l’envoyant dans un pays qui n’a été pour rien dans sa dérive ? Quel mépris pour ce pays !

           Non, le Mali, ou le Maroc, ou l’Algérie, ou …ne doivent pas être traités comme des  poubelles.

            De leur part, il y aurait évidemment une parade. Ce serait d’être les premiers à déchoir le criminel. La France se retrouverait alors toute bête, et obligée de le garder. Mais quel ridicule pour ceux qui auront ici créé cette situation par une mesure improvisée dans l’émotion et mal pensée !

Déchéance de nationalité. Quelques questions.

31 décembre 2015

            Le projet actuel de modification de notre Constitution institue la possibilité de retirer la nationalité française aux auteurs de crimes terroristes perpétrés contre nos citoyens. Diverses questions sont posées à ce propos.

Question 1 : Cette menace aura-t-elle quelque effet pour prévenir les actions terroristes ? – Tout le monde est d’accord pour dire que non, l’apprenti djihadiste, dont le cœur est acquis à l’ « État » islamique, se moque bien de ce qu’on fera de sa nationalité française.

Question 2 : Alors, à quoi servira l’institution de cette possibilité ? – À poser devant le pays et le monde un symbole fort.

Question 3 : Ce sera le symbole de quoi ? – Ici la réponse se subdivise. Il y a le symbole que les tenants du projet, notamment le Président et le Premier Ministre, veulent mettre en avant, et il y a ce qui sera effectivement posé. Ce n’est pas forcément la même chose.

            Ce que l’on veut, dit-on, c’est qu’il soit pris acte officiellement que les auteurs de tels crimes ont renoncé par ce type d’action à tout ce qui constitue les valeurs de notre République et se sont mis délibérément hors de la communauté nationale. Il ne suffit pas de les punir selon les lois pénales, il faut acter leur renonciation.

            Mais pour que cet acte symbolique ait toute sa signification, il faudrait qu’il puisse s’appliquer à tous les auteurs français de ces crimes. C’est exclu, parce que la France, comme la plupart des autres pays, est tenue par la loi internationale qui interdit de créer des apatrides. La mesure ne peut donc s’appliquer qu’à des français possédant en même temps une autre nationalité. De ce fait, la signification du symbole va vraisemblablement se retrouver altérée. Il faut ici se poser une nouvelle question.

Question 4 : Qui sont ces français binationaux auxquels les nouvelles dispositions peuvent s’appliquer ? – Ce ne sont pas les naturalisés, qui déjà sont soumis à une sorte de période probatoire de 15 ans, au cours de laquelle ils peuvent être privés de la nationalité acquise s’ils commettent des actes graves, et pour qui les projets actuels ne changeront rien. Il s’agit donc essentiellement des français qui sont français parce qu’ils sont nés en France de parent(s) étranger(s) ; s’ils ont un parent français, ils sont français dès la naissance, si leurs deux parents sont étrangers, ils sont reconnus français à leur majorité (et même dès 16 ans s’ils le demandent), à moins qu’ils ne fassent alors une démarche pour décliner cette qualité ou qu’ils aient passé l’essentiel de leur enfance hors de France.

            Il faut même savoir que parmi eux beaucoup peuvent être en quelque sorte binationaux malgré eux. En effet un certain nombre de pays – c’est le cas par exemple de l’Algérie et du Maroc, dont sont originaires les parents de nombreux jeunes français – considèrent automatiquement comme leurs ressortissants les enfants nés à l’étranger de leurs nationaux, et cela sans aucune possibilité de renonciation !

            Dès lors la portée symbolique des nouvelles dispositions devient celle-ci : est instituée une différence juridique de traitement entre les français de souche, de sang purement français, et les français de sang mêlé, ayant au moins un parent étranger. Les « sang mêlé » en cas de dérive grave (et, la porte une fois ouverte, la liste des infractions entraînant la déchéance pourra être élargie) seront susceptibles d’une peine additionnelle. Cette distinction officialisée entre sang français et sang mêlé ne peut que réjouir le FN. Elle engage sur un chemin dangereusement glissant.

Question 5, impertinente : Cette inflexion des principes amènera-t-elle quelques voix supplémentaires à Français Hollande en 2017 ? – Je ne le crois pas, parce que les électeurs ont l’habitude de préférer l’original à la copie.

Proposition : Le recours à l’indignité nationale, cette sorte de mort civique déjà pratiquée en 1945, qui écarte le fautif de toute la vie publique nationale, et en particulier du vote aux élections et aux référendums, aurait été une solution intelligente, permettant de sanctionner aussi, à égalité, ceux qui n’ont pas d’autre nationalité que la française : de quel droit échapperaient-ils ?

            Est-il trop tard pour l’intelligence ?

Ajaccio : dehors, les racistes ?

29 décembre 2015

            Nuit de Noël à Ajaccio : les pompiers sont appelés dans le quartier « Les jardins de l’empereur », un quartier dont à peu près la moitié des résidents est d’origine étrangère. C’était un guet-apens, une dizaine de voyous (non encore identifiés) se ruent sur eux pour les tabasser, deux pompiers sont blessés.

            Après-midi du 25 décembre : une manifestation apparemment spontanée rassemble environ 600 personnes devant la préfecture, en soutien aux pompiers. Elle se déroule là sans incident. Mais à la fin, des violents infiltrés dans la manifestation entraînent quelque 300 personnes vers les Jardins de l’empereur. On y entend des slogans racistes, comme Arabi fora (Dehors, les Arabes !), dans une vidéo on perçoit même : « Ils sont tous les mêmes », « Tuez-les tous ! ». Une boutique de nourriture orientale est attaquée, une salle de prière musulmane est saccagée, des exemplaires du Coran subissent une tentative d’autodafé.

            Certains ont qualifié cet événement d’expédition punitive. Comme si l’on s’était attaqué aux voyous coupables ! Les victimes de ces ratonnades sont du même quartier et (peut-être, en fait on n’en sait encore rien) de la même communauté que les coupables. Et alors ? Toute « punition collective », qui « punit » dix fois plus d’innocents que de coupables, est une déraison et une faute.

            Le ministre de l’Intérieur, les autorités locales, et notamment les responsables nationalistes de l’Assemblée et de l’Exécutif corses, ont condamné vigoureusement à la fois l’agression dont les pompiers ont été victimes, et le déchaînement de xénophobie et de violence contre l’islam qui s’est donné libre cours l’après-midi suivant. Sur le fond ils ont raison de condamner les deux aussi vigoureusement l’une que l’autre. Mais lier les deux condamnations peut donner l’impression que l’agression est la cause des violences qui ont suivi. Elle n’en est pas la cause, elle en est le prétexte. Il s’agit, au moins chez les meneurs, d’une haine de l’Autre qui a été longtemps cultivée dans le secret de l’âme, avec peut-être même quelque gêne que le score de la xénophobie aux régionales a libérée, et qui n’attendait qu’une occasion pour se déployer.

            Alors, vais-je me mettre à crier en retour : « Dehors, les racistes ! » ? Les envoyer ailleurs n’est pas la solution. Leur racisme est une perversion de la conscience qui demande qu’on accepte pour s’en sortir un vrai travail de conversion. Certains des violents ont mis en avant la défense de leur identité chrétienne, comptons sur leurs curés pour essayer de les remettre debout. Les déclarations de l’évêque de Corse, très claires, les y aideront.

 

  État d’urgence, premières dérives      

décembre 2015

            Contre le terrorisme de Daëch, la presque totalité des parlementaires a voté en faveur de 3 mois d’état d’urgence. La presque totalité des citoyens a approuvé cela.

            Mais voici que, au moment de la COP 21, notre gouvernement a utilisé les facilités que lui donne l’état d’urgence pour assigner à résidence des activistes écolos, qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Ils allaient peut-être troubler la quiétude des débats du Bourget en manifestant publiquement pour une action plus efficace dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

            On ne peut me soupçonner de tendresse envers des activistes écolos qui s’affranchissent parfois trop facilement du respect des règles démocratiques. Sur ce blog l’article « Démocratie conditionnelle ? » (http://michel-poirier.over-blog.fr/2014/11/democratie-conditionnelle.html) en témoigne. Et je sais que les modalités de l’état d’urgence ont été rédigées, malheureusement, de manière suffisamment générale et floue pour permettre un tel détournement, qui est donc juridiquement inattaquable.

            Il n’empêche. Utiliser les facilités de l’état d’urgence contre autre chose que le terrorisme, peu importe que ce soit juridiquement possible, c’est moralement une déloyauté. Et une manifestation de mépris à l’égard de parlementaires, notamment écologistes, qui ont été floués.

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Migrants, ou réfugiés ?

17 décembre 2015

       Sur l’île italienne de Lampedusa, ou sur les îles grecques qui font face à la Turquie, des fonctionnaires locaux ou envoyés par l’Europe enregistrent ceux qui débarquent. Je lisais il y a quelques jours qu’on se préoccupait de bien distinguer les migrants économiques des réfugiés qui fuient un régime oppressif ou la guerre. Je me disais que, pour décider d’embarquer sur un rafiot hors d’âge affrété par des passeurs libyens ou sur un canot pneumatique turc surchargé, en sachant (le monde entier le sait maintenant) que les chances de ne jamais arriver et d’être noyé sont grandes, les « migrants économiques » étaient pressés par une nécessité aussi impérieuse que le sont l’oppression ou la guerre. Après tout, on meurt de faim et de misère aussi bien que sous les bombes ou la torture. Ils sont tous des réfugiés.

       Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faille que l’Europe subisse ces arrivées sans organiser, contrôler, répartir l’accueil, sans en même temps contribuer à ce que puissent être supprimés, là d’où ils partent, les sources de conflit, les violences des dictateurs, les situations économiques qui entravent le développement et entretiennent la misère. Mais le vocabulaire a son importance. « Migrants » favorise désormais les fantasmes, la peur d’une invasion de hordes extérieures, alors qu’il s’agit de pauvres gens (même ceux qui avaient un peu de bien avant de partir) prêts à tout souffrir pour échapper à l’insupportable. Oui, cela n’est pas facile à gérer pour nos pays. Mais si se répandait pour tous la dénomination de réfugiés, il y a au moins des choses que certains n’oseraient plus dire, des cris de haine qu’ils n’oseraient plus imprimer sur leurs tracts. Il me semble caractéristique que ceux qui ont manifesté violemment aujourd’hui aux Pays-Bas contre un foyer pour demandeurs d’asile brandissaient des pancartes contre les « migrants ». Des mots comme « asile » ou « réfugiés » les auraient gênés.

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Encore une question de vocabulaire

17 décembre 2015

       En Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez a fait pour les régionales une campagne très à droite, et capable sur certains sujets de rendre jaloux le FN. Le Monde du 15 décembre rapporte qu’au soir de sa victoire il déclarait : « Nous avons gagné parce que les électeurs veulent des responsables politiques qui assument leurs valeurs et leurs convictions », et un peu plus tard : « J’ai fait reculer le FN en assumant mes valeurs ». Je crois volontiers qu’il défend vigoureusement des convictions. Le mot « valeurs » me paraît plus sujet à débat. J’ai pu voir (il circulait sur internet) le tract de sa liste dont parle aussi l’article du Monde, au haut duquel on lit, en grosses lettres, « L’immigration, ça suffit » avant un tonitruant « Hollande, ça suffit ». S’il leur avait fallu écrire « L’accueil de réfugiés, ça suffit », auraient-ils osé ?

       Dans ces conditions, je m’interroge sur ce que signifie, de la part de Nicolas Sarkozy, le remplacement de Nathalie Kosciusko-Morizet, comme n° 2 de son parti, par Laurent Wauquiez. Est-ce une provocation ? un aveu ?

 

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commentaires

C
Sur la loi El Khomeri
J'ai l'impression que tu as raison. Je trouve dans Mediapart :

" Prud’hommes: les indemnités plafonnées

Au-delà des indemnités légales de base, les prud’hommes peuvent librement fixer le montant des indemnités allouées à un salarié licencié abusivement. Mais El Khomri prévoit un plafonnement, réclamé et attendu par les patrons. Le juge doit s’en tenir à un barème, qui tient uniquement compte de l’ancienneté du salarié. Avec une limitation à 15 mois de salaire pour les employés qui ont plus de 20 ans d’ancienneté."
Source : http://www.les-crises.fr/les-ultra-liberaux-en-ont-reve-la-droite-socialiste-le-fait/
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A
Tout à fait d'accord avec votre article sur la déchéance de nationalité. A la limite, mon mari, georges, aurait pu avec une telle mesure être déchu de nationalité!
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  • : Michel Poirier
  • : Où il est question de grec ancien, de latin, de Pères de l'Église, de peinture (Guermaz, Colette Dubuc), de sculpture (Auliac, Manoli), d'œcuménisme ...et même de réactions à l'actualité
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