Où il est question de grec ancien, de latin, de Pères de l'Église, de peinture (Guermaz, Colette Dubuc), de sculpture (Auliac, Manoli), d'œcuménisme ...et même de réactions à l'actualité
Avez-vous regardé la télévision ce soir du 30 novembre, où l’on voyait Hollande accueillir les chefs d’État étrangers au Bourget ? L’Iran était représenté par sa vice-présidente. Sous son voile noir elle s’avance vers le Président, s’arrête à un bon mètre, fait un salut de la tête, agit de même devant Fabius, et se précipite vers Ségolène Royal pour lui serrer la main. Elle se serait contentée aussi d’un signe de tête devant Ségolène, cela aurait paru moins bizarre, mais là on avait vraiment l’impression que les deux hommes lui apparaissaient comme des satyres qu’il était dangereux d’approcher de trop près.
Serrer la main est en France un geste banal de politesse, auquel on est habitué depuis l’enfance. Cela ne fait donc ni chaud ni froid de toucher pendant une seconde cette part du corps, féminin ou masculin, qui est d’ailleurs la part la plus extérieure de notre corps, comme un outil spécialisé dans le rapport avec le maniement des objets aussi bien qu’avec les gens. Celles des femmes musulmanes qui refusent de toucher notre main à nous les hommes de ce pays et dans ce pays ne devraient-elles pas prendre conscience qu’elles nous traitent comme si nous étions des obsédés sexuels?
Le texte ci-dessus a été écrit il y a quelques jours à la demande d’amis qui préparent une réunion de travail entre des chrétiens et des musulmans qui se connaissent assez pour débattre dans la vérité et la confiance, afin d’élucider ensemble les attitudes des deux côtés qui, volontairement ou inconsciemment, créent chez l’autre un malaise, voire de la peur.
Mais je suis amené à prolonger la réflexion. Je viens de lire dans un journal qu’une épouse musulmane, lors d’une interview de son mari à leur domicile, n’a pas éprouvé le besoin de se voiler devant la personne étrangère à la maison, parce que le journaliste était une femme ! Ainsi, quand une musulmane comme celle-là veut que nous ne voyions aucun de ses cheveux (dans ma ville, on ne rencontre plus que ce genre de voile, les petits bandanas c’est fini), c’est parce que nous sommes des hommes. Là encore, voilà plus de 80 ans que je vois tous les jours des cheveux de femmes, cela ne me fait ni chaud ni froid car je suis un homme normal, et tenir à me cacher ses cheveux, c’est, en France, me considérer comme un dangereux obsédé ou un fétichiste.